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LE MOT DU DIRECTEUR ARTISTIQUE


steve nuissier

10 ans déjà !

Première rencontre autour du piano est une manifestation qui a vu passer près de 50 pianistes. A l’origine elle a été conçue pour mettre en lumière des artistes méconnus ou trop peu soutenus. Il n’a donc pas toujours été facile de convaincre le public de découvrir ces musiciens. Or, on ne le répétera jamais assez, les applaudissements sont le premier salaire de l’artiste.

Pour autant, l’association Gwadloup Groove a pu compter sur le soutien de l’ensemble des collectivités de Guadeloupe et ce depuis la première édition en 2009. Il reste encore du chemin à parcourir quand on sait que certains festivals comme le Montreux Jazz Festival en Suisse organisera cette année sa 51ème édition. C’est d’ailleurs dans ce festival de renommée internationale que j’ai fait mes classes, sur les plus grands concerts avec les stars du jazz actuel. Et paradoxalement, la dimension d’un pareil événement qui me faisait aspirer à une belle carrière n’a fait que renforcer mon désir de rentrer en Guadeloupe et d’y créer un événement construit lui aussi pierre par pierre.

Néanmoins, je me suis plus d’une fois posé la question : Est-ce le bon choix ? Cette lancinante question ne revient pas seulement pour cet événement mais pour le choix du culturel de manière générale. Pour y répondre, j’aime citer le musicien jamaïcain Bob MARLEY : « The biggest man you ever did see was just a baby » (traduction : l’homme le plus grand que vous ayez jamais rencontré était un bébé). Autrement dit, les petits projets mûrissent et il faut travailler à les faire grandir, autant que possible dans le sens du partage.

En tant que musicien, je crois profondément que la culture est un bon pari et que soutenir les autres musiciens est le meilleur moyen de leur permettre de réussir. Ceux qui réussissent sont ceux qui sont soutenus, ceci ne fait pas l’ombre d’un doute. Ce sont aussi ceux qui persévèrent.

10 ans, c’est aussi un tournant qui s’amorce …Continuer, oui. Mais comment ? J’en profite pour saluer l’ensemble des organisateurs, ceux qui continuent et ceux qui ont décidé de faire une halte pour mieux repartir… La Guadeloupe est remplie de talents. Je pense simplement qu’elle a souvent manqué d’entraîneurs au sens premier du terme comme étant ceux qui donnent la cadence et la direction, ceux qui structurent les potentiels pour en faire des gagnants.

Dans tous les pays, parfois au coin d’une rue, il y a des Herbie HANCKOCK, des Art TATUM, des Chick COREA qui ne demandent qu’à être découverts. Certains le sont déjà comme le parrain de l’évènement, Mario CANONGE. David KOPERHANT dit à propos de lui dans le JAZZ NEWS du mois de mars 2018 : « On redécouvre alors le pianiste génial qu’est CANONGE, sorte d’Horace SILVER des temps modernes ». D’autres le sont un peu moins comme Jesus Javier MOLINA ACOSTA, ce génie de 21 ans qui a décroché un GRAMMY LATIN pour étudier à la BERKLEE School aux Etats-Unis ou encore Pamelia STICKNEY, l’une des rares joueuses au monde d’un instrument qu’on appelle le THEREMINE. Vous connaissez ? Si oui tant mieux, si non vous pourrez le découvrir dès la première soirée au MACTE. Elle sera l’invitée de Mario CANONGE. Je remercie au passage le forum autrichien qui est pour la seconde fois partenaire de notre événement et qui finance intégralement la venue de Pamelia STICKNEY.

Je salue également certains pianistes talentueux qui nous ont fait la joie de participer à notre évènement. Je pense particulièrement à Jonathan JURION, Sylvain RANSY, Jean-Michel LESDEL, Grégory PRIVAT, le maître Alain JEAN-MARIE, Baptiste TROTIGNON ou récemment la pianiste Domi DEGALLE et le jeune et fougueux Angel TOIRAC. D’autres ont été plus discrets mais n’ont pas manqué de talent. Je pense à Jocelyn MARBOEUF, Gilles ROSINE, Franck SOURIANT…

Cette année, la nouveauté est notre partenariat avec le NEW TI PARIS et son propriétaire Xavier RICHARDEAU, un musicien discret et généreux qui apporte sa pierre à la construction du paysage musical de la Guadeloupe. Plusieurs soirées, les fameuses JAMS, se dérouleront dans ce lieu incontournable, pour le bonheur des amateurs de musique. Rendez-vous donc est pris chaque soir après les concerts.

Nous repartons pour une nouvelle décennie mais je le répète : vos applaudissements sont le premier salaire de l’artiste !!!

Bon Festival !! Vive le piano.

Steve Nuissier