Musicien multi instrumentiste, auteur, compositeur, directeur musical, arrangeur.

Enfant de la Martinique, Ronald Tulle est né à Fort de France.
 La musique, il l’apprend dès sa plus tendre enfance auprès de sa mère, pianiste, et de son père  « Sonson », flutiste et percussionniste. À l’âge de 14 ans, il enregistre un premier album, sous la direction de son professeur de musique et violoniste Paul Hannibal, et décide d’en faire son métier. Parce qu’ils veulent pour leur fils un cursus classique et des études dans une faculté de musicologie, ses parents inscrivent le jeune Ronald à l’École de musique de Maromme à Rouen, où il poursuivra un diplôme de musicologie à la faculté de Mont-Saint-Aignan.


Sur le parcours, il noue des liens avec d’autres pianistes comme lui, Alain Nascimiento, Samuel Trepon, et file parfois « taper le bœuf » à Paris où il retrouve Thierry Vaton. Parce que le jazz l’intéresse déjà, mais aussi les musiques de l’époque et tous les groupes anglais. Le retour en Martinique s’effectue en 1987 pour un report de service militaire, pied de nez à la structure académique musicale qui faisait défaut quand il était plus jeune. Il devient aussitôt le compositeur et partenaire incontournable des grands noms de la musique antillaise, jazz, zouk et musique traditionnelle, parmi lesquels Eugène Mona, Jocelyne Béroard, Tanya Saint-Val, Michèle Henderson, Gertrude Sénin, ... et cumule les titres de « Meilleur Album » ou « Arrangeur de l’année » plusieurs années consécutives.
Avec le West Indies Jazz Band, groupe de 16 musiciens né à l’occasion du 3ème Festival Jazz à la Martinique sous la direction du saxophoniste Luther François, et l’une des expériences musicales les plus passionnantes de la fin des année 80, il participe à ce qui a apporté à la tradition du jazz une sensibilité propre aux Antilles. Autres rencontres importantes : celle des célèbres improvisateurs de génie, les frères Bernard (dont le trio initial de la fratrie : Alex le bassiste, Jacky le pianiste et Nicol le percussionniste), ainsi que le trompettiste Herbert « Happy » Lewis, qu’il rejoint dans la formation Caraïbe Jazz Workshop, qui concentre les meilleurs musiciens du genre. Parmi les personnalités décisives qui lui font confiance dans le répertoire jazz, Fanny Auguiac, alors directrice du Centre Martiniquais d’Actions Culturelles. Et dans les souvenirs inoubliables, son premier quatre Mains avec Monty Alexander.
À ses élèves, Ronald Tulle enseigne la musique classique et recommande l’écoute de Keith Jarret, Chick Correa, Herbie Hancock, Brad Mehldau. Pour lui, le jazz n’intervient qu’une fois les fondamentaux techniques parfaitement assimilés. Son exigence explique peut-être le temps pris jusqu’à son premier album « FWI », prix SACEM dans la catégorie « Album de l’année » en 2006. Désormais, il œuvre davantage pour lui-même et plus exactement pour ce qui lie le jazz à la Martinique, géographiquement située au confluent de toutes les influences musicales, où s’épousent la biguine et la mazurka. Un territoire d’improvisation libre qu’il découvre en 2009 dans un deuxième album, instrumental, « Les Notes De L’Âme ». Il revient en 2014 avec un nouvel opus « RAISING », également instrumental, les pieds ancrés dans le pays, la tête dans les harmonies et les doigts mêlés de couleurs toniques. En 10 titres, dont il signe sept compositions, il fait la preuve d’une virtuosité sans faille, se jouant des rythmes asymétriques et rappelant avec légèreté qu’il fait partie de ceux qui comptent.


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